Je me surviens d’avoir pris une douche d’habillement lors d’un retour de voyage

Quand je suis sorti, j’étais en pyjama. Ce jour-là, la voisine m’a souri dans l’ascenseur. C’était la première fois, j’étais heureux. Depuis des mois, je rêvais d’une histoire éternellle avec elle. 
Dans la rue, tous les passants affichaient un sourire en me croisant. J’étais encore plus heureux. J’avais l’impression qu’ils  applaudissaient cet amour naissant. En me croisant, un inconnu me dit : « Je vois que Monsieur a du goût. Il sait que le jour, tous les pyjamas sont gris. » Je ne comprenais pas. J’étais mal à l’aise, car les passants riaient. J’ai compris en me voyant dans la vitrine d’un magasin. J’étais encore en pyjama. J’avais oublié d’indiquer le décalage horaire à la douche d’habillement. Elle m’avait donc habillé avec un décalage de programme de 6 heures.

 

Demain, nous aurons peut-être des fringouches ou douches d’habillement.

Je me surviens de Mirna, mon robot.

 Elle m’apprenait mes tables de multiplication en répétant  pendant des heures 6X7, 7X9. Il fallait que j’ai dix  bonnes réponses consécutives pour qu’elle arrête de m’ennuyer. Et puis, un jour, j’ai trouvé qu’elle avait un bouton arrêt. Quand elle étais immobile, je dansais devant elle. J’avais vraiment l’impression d’être la reine du monde. 

Je me surviens du feu d'artifice du 14 juillet 2030

Nous étions assis sur les toits de Paris. A 22 h, ma mère fit « Oh » en mettant une main devant la bouche. De l’autre, elle indiqua la tour Eiffel qui décollait du sol et partit en fusée. Toutes les têtes se levèrent puis se baissèrent pour regarder l’arc de Triomphe qui lui aussi se propulsait dans les airs. Quand, ce fut au tour de la Pyramide du Louvre de partir en fusée, j’enlevai mes lunettes de réalité augmentée. Le ciel était vide. Je regrettai alors les feux d’artifices d’antan. Ils nous pétaradaient dans les oreilles et nous donnaient l’impression de vivre ensemble un moment d’exception.