Le vendredi, c’est le jour du cadeau à intelligence humaine… et de la lettre du futur

Cette semaine, j’ai découvert que, en Eure-et-Loir, des vents soufflaient dans le sens de l’innovation. École de codeurs, Fab Lab, espace de coworking, réflexions sur l’agriculture du futur… Le département est monté dans le train du numérique !

J’ai effectué le périple pour animer un atelier sur les métiers de demain du numérique avec le Conseil général des jeunes. Ces collégiens m’ont permis de faire quelques constats sur les rapports de certains jeunes au numérique.

Premier constat

Les éducateurs font bien leur boulot. Quand ils ont alerté les jeunes sur les dangers de l’Internet, ils ont été entendus. Désormais, c’est panique à bord ! Les jeunes évoquent les dangereuses addictions qui vont les transformer en marshmallow s’ils restent un peu trop longtemps derrière les écrans. Ou pire encore, ces criminels postés aux quatre coins du Net qui vont les détourner du droit chemin. Résultat, il va valoir maintenant mettre les bouchées doubles pour leur faire comprendre que maîtriser le numérique est essentiel pour leur avenir !

Deuxième constat

Pour eux, demain se résume à un envahissement des robots.
Les robots exercent sur eux une véritable fascination. À les entendre, on va pouvoir leur déléguer toutes les tâches pénibles. Les robots vont ranger ou retapisser leur chambre, faire leurs devoirs, les courses, le ménage, descendre les poubelles, dire à leurs parents qu’ils doivent arrêter de radoter, former les formateurs, sortir le chien… Et en même temps, ils les craignent : les robots sont aussi les malfrats qui vont leur voler le travail. À cause d’eux, ils vont se retrouver au chômage !

 

Troisième constat

Ils n’ont aucune culture numérique. Ils tapotent, cognent sur des claviers à longueur de journée, mais ne comprennent pas ce qu’est une donnée numérique ou comment Internet peut changer les rapports entre les gens. Cette acculturation peut avoir des conséquences dramatiques. Comme tous leurs métiers vont être transformés par le numérique, ils risquent plus de subir le travail que d’en être acteurs.

À l’issue de cette journée, je me suis dit que ceux qui soufflent dans l’oreille d’Axelle Lemaire devraient lui suggérer de déployer des moyens importants pour former les collégiens et les élèves du primaire. La transformation numérique de l’économie française ne pourra être pérenne et désirable, si ces jeunes sont laissés sur le carreau.

La créativité et l’enthousiasme de ces jeunes m’ayant stimulé le neurone, de retour à Paname, j’ai eu une idée. On pourrait créer un guide d’apprentissage du numérique permettant aux jeunes de former leurs parents. Ce guide se composerait à la fois d’un livre et d’une présentation avec images et vidéos des nouveaux usages. Avec ce dispositif, ce serait une chance au grattage et une autre au tirage. On sensibiliserait en même temps les jeunes et les parents à la culture numérique !

Si ce genre de projet est à la fois simple et efficace, peux onéreux, il a l’inconvénient de l’être trop en n’incorporant pas une technologie magique transcendant les détendeurs de porte-monnaie. Résultat, il vaut mieux chercher une aiguille dans un champ de blé de la Beauce que des financements publics. Si vous connaissez une entreprise qui veut innover et former son personnel de manière innovante, n’hésitez pas à leur proposer. !

livresNoël arrive à grands pas. Pour éviter d’engraisser vos collaborateurs et clients avec des chocolats ou des promesses bulleuses, je vous propose de leur offrir un livre personnalisé à vos coulerus des Éditions Propulseurs… Ils ouvriront le livre, découvriront vos vœux et vos ambitions pour demain, et seront ensuite nourris d’innovation. L’affaire est garantie pure innovations, labelisée intelligence humaine sans gluten et édulcorants de savoir.
Le livre personnalisé mode d’emploi

Si vous voulez offrir un Dico des métiers de demain au DRH de votre entreprise ou à votre neveu, vous pouvez le commander ou passer en chercher un dans nos bureaux (métro Strasbourg-Saint-Denis à Paris). Cela sera l’occasion d’échanger autour d’un café.

Futur’heureusement vôtre
Anne-Caroline Paucot

Le vendredi, c’est le jour de l’injonction paradoxale… et de la lettre du futur

 

 

La lettre du futur est bimaniaque. Elle raconte les aventures d’un bipède (en l’occurrence moi-même) qui a deux ambitions :
1. Permettre au plus grand nombre d’inventer le futur et donc ne pas le subir. D’où les Éditions Propulseurs, les ateliers, les conférences sur le futur.

2. Changer le modèle économique du livre pour qu’il ne soit plus basé sur le mépris de l’auteur (revenus anecdotiques), du lecteur (absence de bibliodiversité), et la destruction environnementale (mise au pilon d’une bonne partie de la production).

Si s’activer dans ce sens est éminemment agréable (rencontres étonnantes, chantiers décoiffant…) elle a aussi sa part d’ombre. Souvent, le bipède est invité à sortir sa valise à savoirs dans des manifestations sur l’innovation, le futur, la nouvelle économie, les métiers… De temps en temps, le bipède cède aux sirènes de la notoriété éphémère. Le bipède est humain, donc volatile, incohérent, amusé.

C’est ainsi que je me suis trouvée cette semaine dans une sauterie sur l’innovation. Une heure plus tard, j’avais envie de faire circuler une pétition où il serait écrit en gros.

Halte à l’injonction paradoxale !

Conservative Party Conference Focuses On The EconomyElle dénoncerait ces manifestations sur l’innovation qui réunissent des consultants qui expliquent à grand renfort de « bullet points » qu’il faut innover. Ou celles où des généreux partenaires remettent des chèques en carton à des innovateurs et profitent de l’occasion pour endormir le public avec des discours longs comme un jour sans amour.

Ces autres sur le collaboratif où les toujours cinq mêmes monopolisent le micro et, lorsqu’ils ont épuisé leur auditoire, répondent de manière condescendante aux questions.

Ou encore celles sur le « Vivre ensemble » qui éloignent le public des orateurs afin que surtout ils s’ignorent.

Elle évoquerait ces experts qui font preuve d’un conformisme exemplaire pour enseigner la créativité. Ou encore, ces patrons qui exhortent leurs troupes avec des « Soyez spontanés ! » paralysant.

En résumé, elle fustigerait ceux qui diffusent un message en montrant qu’il faut faire le contraire.

Positive la pétition proposerait un label « cohérence » qui serait donné aux manifestations innovantes sur l’innovation, collaboratives sur le collaboratif…

Et on inviterait ceux qui n’ont pas compris le message à participer à des cours d’élocution donnés par des bègues, de stratégie de l’autonomie pensés par des poulets de batterie, d’intégrité financière conçus par Jérome Kerviel, et mieux encore à des stages d’humilité et de simplicité animés par des énarques.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous signerez cette pétition fictive ?

Futur’heureusement vôtre !
Anne-Caroline Paucot

NB : En cadeau bonus blanchissement des neurones,  la vidéo « démarketing direct » d’un communicant.

Le vendredi, c’est le jour de l’ours… et de la la lettre du futur

Frank Escoubes, le fondateur d’Imagination for people et chairman de Bluenove, écrit dans le Huffingston Post :

Le premier nid à poussière de l’entrepreneuriat est l’indépassable « Business Plan », sésame de tout démarrage d’entreprise. Ce nectar d’intelligence modélise la vie des affaires à grand renfort de spéculations prospectives et de tableurs à triple entrée. Un pensum qui a tout d’un document marketing autopromotionnel, censé expliquer au monde que le monde est pur et parfait, que le marché adéquatement vierge nous attend tout tranquille, que la concurrence a bêtement oublié de s’y intéresser, et que tous les efforts seront dorénavant orientés jour et nuit vers un seul point limite : le développement d’une offre forcément et singulièrement unique qui fera table rase de la vile compétition et dont on parlera le soir dans les chaumières.

Et pourtant, le roi est nu. Désespérément nu. En vingt ans de carrière, je n’ai jamais vu un seul business plan se réaliser véritablement. Pire encore, dans 90 % des cas, ce que j’ai vu se réaliser, c’est l’inverse même de l’idée d’un business plan : le développement d’affaires par pur opportunisme, consistant à saisir assidument les occasions commerciales quand elles se présentent.

Si j’accorde beaucoup de crédit aux réflexions de Franck, elles deviennent encore plus justes lorsqu’on s’égare soi-même dans les méandres de l’élaboration d’un business plan.

Les fidèles lecteurs de la lettre l’ont compris : en ce moment, je cherche à développer les Editions Propulseurs. Cette semaine, un proche m’a recommandé un expert du développement en me précisant qu’il a un carnet d’adresses long comme un jour sans amour. Le gaillard, un sciences-po-grande école de commerce-master 30 plus, est, à l’entendre, tous les soirs dans le lit des financiers de la place. Comme je ne m’encombre pas de considérations morales, je décide de le rencontrer.

J’accueille donc un quinqua motard avec pull beige en cachemire et Richelieu aux pieds. Et faute de goût, qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille, des chaussettes de tennis !

Je lui raconte mon aventure futuriste et littéraire. Après avoir hoché longuement de la tête, il qualifie mon petit business de :
— Innovant, subtil, décalé et… vrombissant.

Mon ego pétarade. Développer un business vrombissant, il y a de quoi !

L’homme se dit « efficace ». Il me propose donc d’élaborer sans attendre mon business plan. Il faut que je liste « mes produits ».

Je commence par le Dico des métiers de demain Je lui présente le livre, les conférences et les ateliers qui en découlent. Il conclut par :
— Donc, on va estimer, en fourchette basse, que l’on va vendre 15 ateliers, 12 conférences, 3000 ouvrages. Cela va donc faire X euros.
— Fourchette basse ! dis-je impressionné par le chiffre.
— Oui, la Gestion prévisionnelle des emplois a ses limites. Les entreprises sont dans l’impasse. Elles savent qu’elles doivent réfléchir autrement aux métiers de demain.

Je le regarde étonnée qu’il me renvoie avec tant d’aplomb l’argument fourni quelques secondes plus tôt. Pour autant, je doute de ses chiffres. L’expérience m’a fait constater que plus l’incitation au changement exercée sur un manager est forte, plus solides sont les mécanismes de résistance. Pour les déverrouiller, il faut de la confiance et de la subtilité, une affaire qui demande du temps.

J’évoque ensuite Lueurs des possibles, le livre sur la ville de demain. L’artiste du chiffre sort sa calculette :
— Sur les 33 000 communes, on peut estimer qu’une sur 1000 va acheter le livre pour l’offrir à ses collaborateurs et une sur 2000 va accompagner ce cadeau d’un atelier et d’une conférence.

Je peux donc annoncer aux deux habitants de Majastres (Alpes-de-Haute-Provence) et aux six de Caubous (Haute-Garonne) qu’ils ont contribué à l’élaboration de mon business plan.

On passe à Du côté de chez soi, le livre sur la ville de demain :
— Cela va plaire à Bouygues. Ils ont les moyens.
Et voilà que le roi du béton m’a commandé 1000 exemplaires personnalisés !

Amusée, j’ajoute :
— Peut-être que Leroy Merlin va être intéressé. Ils se sont donnés comme ambition « d’aider chaque habitant à rêver sa maison et la réaliser »

Il griffonne des chiffres. J’en conclus que le vendeur de mon magasin préféré va recevoir ce superbe cadeau pour Noël. Si je la vois en train de le lire, je l’embrasse.

On passe sur À fond la forme, le livre sur la santé demain qui ne semble pas une affaire rentable. En revanche, le feuilleton sur le travail en 2030, le met en joie :
— Arte va adorer ! C’est parfait pour leur émission sur le futur.
Il se déchaîne sur son crayon, pose un chiffre, rature, l’augmente.

D’autres choses ? demande mon interlocuteur en agitant frénétiquement ses Richelieusur le sol.

Je précise que les Propulseurs conçoivent des événements participatifs pour aider les entreprises à se projeter dans le futur. Notre spécificité est de pouvoir faire travailler 100, 200 ? 300 personnes.
— Les anniversaires ! s’exclame mon homme. Il faut proposer le dispositif à toutes les entreprises qui veulent fêter un anniversaire symbolique. Cela va faire un tabac.

J’aimerais en être convaincue. Manque de chance, seuls les managers qui prennent le risque de faire réfléchir et inventer leurs collaborateurs s’engagent dans cette voie. Cela réduit donc considérablement le champ de manœuvre.

À ce moment-là, on a donc un chiffre d’affaires pour les Editions Propulseurs qui m’impressionne.

J’imagine quelques secondes ce que je ferais avec tout cet argent. Peut-être en priorité, inviter dans un lieu agréable des codeurs, libraires, écrivains, agités du ciboulot pour développer des Fablivres (une machine installée dans les librairies et bibliothèques qui imprimerait des livres à la demande). Je pense qu’il y a urgence à remettre de la bibliodiversité dans l’édition et trouver un modèle économique pour le livre qui ne se base pas sur la mise au pilon d’une partie de la production.

Je reviens vite sur terre en lui disant :
— Ces chiffres, c’est juste de la fiction ! À quoi cela sert ?
— À convaincre des financiers. Les financiers sont des financiers. Ils ont besoin de chiffres pour rêver. S’ils ne rêvent pas, ils ne mettent pas la main au porte-monnaie.

Devant une telle argumentation, je reste sans voix. Je lui propose d’aller chercher des cafés.

Quand je reviens, je lui demande :
— Vous avez déjà vu la vidéo sur la partie de basket ?
Je lui montre et lui demande de compter le nombre de passes.

(Faites de même pour comprendre la suite).

— Si je comprends bien, un business plan, c’est un artifice pour cacher l’ours ?

Deux minutes plus tard, l’homme était parti.

Futur’Hereusement vôtre !

Anne-Caroline Paucot

Le vendredi, c’est le jour… du droit à la créativité et de la lettre du futur

La soirée de lancement des Éditions Propulseurs, je coche. C’est fait.

Elle a décoiffé. Transformée en stroumphette admirative, je n’ai rien vu. J’ai juste apprécié que tous ces intelligents jouent le jeu tant du décoiffage que de la créativité. Avec pudeur et émotion, je remercie chaleureusement tous les participants.

Grâce à un neurone rescapé de la tempête, j’ai tout de même constaté que la réalité dépasse aujourd’hui ce qu’on croit être de la fiction.

_JPL8903-714029 Après qu’Antoine Crouan, directeur de l’École des sciences du cancer, nous a donné quelques bonnes nouvelles sur le cancer, les participants ont effectué des prévisions sur la santé. L’une d’entre elles était : « Demain, on imprimera des organes et morceaux de notre corps ». Grâce au Chronorama (système de prédiction basé sur les applaudissements) ils ont estimé que cette prévision deviendrait réalité entre 2030 et 2040. Notre parrain a discrètement signalé que, à l’Institut Gustave Roussy, ils imprimaient chaque jour une vingtaine de ce _JPL8926-720525 qu’il nomme « pièce » ou partie du corps !

Lors de cette soirée, une participante m’a demandé :

— Dans votre Dico des métiers, vous créez des mots pour nommer les métiers. Mais, comment nommez-vous votre métier ? »

— Je ne sais pas… Prospectiviste.

— Prospectiviste… Non, les prospectivistes font des études et travaillent dans des départements « Études et prospective ».

J’ai hoché la tête en signe d’assentiment. Je ne pouvais pas faire autrement. Je ne compte pas le nombre de fois où je fulmine contre ces appels d’offres sur 2030 qui se limitent à des études. Grassement rémunérées, elles servent, dans les meilleurs des cas, à caler des armoires. Dans les autres à alimenter par quelques chiffres surréalistes les discours des commanditaires.

_JPL8912-789566— Comme les livres et les ateliers des Éditions Propoulseurs ont comme objectif d’aider à exploiter les innovations, recherches, expérimentations existantes, on pourrait dire que je suis exploitante en innovations, dis-je.

— Je dirais plus veilleuse réveillée, rétorque la dame.

Je vole sur-le-champ le concept de veille réveillée à mon interlocutrice.

À cause du mot peut-être, la veille est devenue aujourd’hui une pratique que je qualifierais d’assoupie, voire pantouflarde.

Le veilleur se contente de repérer et enregistrer les innovations dans les milliers d’outils de veille apparus sur le marché. On scoopite, diligote, scorifie à tour de clics. Le principe est d’alimenter un outil qui va permettre d’envoyer automatiquement des messages sur Twitter, Facebook et les autres réseaux sociaux. La veille est devenue un moyen de faire parler de soi et de montrer qu’on est un expert du sujet.

Cette pratique a ses effets pervers._JPL8910-729996

Le diffuseur d’informations tenant le haut du pavé numérique, les aficionados des réseaux sociaux se sont habitués à consommer passivement la pâtée qui apparaît dans leur fil d’échanges.

La dernière innovation, réflexion qui s’affiche sur les écrans, est avalée sans discuter. Cela donne par exemple :

— Tu as vu, bientôt on ne va plus recruter que par algorithmes. On a des logiciels (NDLR : comment ceux développés par Evolv) qui rassemblent toutes sortes de données, de celles contenues dans les CV à celles présentes sur les réseaux sociaux. Ils permettent d’obtenir une comptabilité fiable à 80 % avec l’entreprise.

On s’enthousiasme ou fustige le principe, mais on va rarement plus loin. On ne contrebalance par l’information en la reliant à d’autres comme, par exemple, le fait que des entreprises comme Google ont abandonné l’utilisation d’algorithmes dans le recrutement. Ils normalisaient trop les profils._JPL8969-772799

De manière plus ou moins consciente, on accorde aussi crédit à la plus grande gueule.

Quand le même Google annonce qu’il travaille sur une nanopilule qui va traquer toutes les maladies, on applaudit son génie. On ne la relative avec le fait que des milliers des chercheurs travaillent sur le dépistage précoce des maladies et que rien n’est encore gagné.

S’il faut passer de veille assoupie à la veille réveillée en mettant en liens des innovations et réflexions contradictoires, on peut aller encore plus loin en développant une veille créative et anticipatrice. Le principe est de croiser des innovations pour envisager de nouveaux produits et services. Un exemple l’illustre.

Prenons trois faits.

  • _JPL8921-767838Le Pavillon des Canaux, une maison donnant sur le canal de l’Ourcq, a fait l’objet d’un appel à projets de la part de la ville de Paris. C’est désormais un “coffice” ou un bureau cosy. On vient travailler dans le salon, la chambre ou la salle de bains.
  • La location d’appartement de particulier fait un tabac. Lancée en 2007, Airbnb est désormais valorisée 10 milliards de dollars. C’est plus que des poids lourds historiques du secteur de l’hôtellerie, comme les groupes Hyatt ou Wyndham Logement-bureaux partagés
  • Les espaces de coworking se développent à la vitesse de la lumière. En France, le premier espace de coworking français, la Cantine, a fait son apparition à Paris en 2008. Aujourd’hui on en dénombre plusieurs centaines et beaucoup plus sont en gestation.

Après quelques circonvolutions cérébrales, on peut en déduire que dans un avenir proche (au maximum deux ans) on verra apparaître des maisuros ou appartement-bureaux. Grâce à un site, un particulier proposera à des indépendants ou des travailleurs à distance de venir travailler dans son salon._JPL8932-748884

Si sur le papier, la mécanique peut paraître compliquée à mettre en œuvre, ce n’est pas le cas dans les ateliers. Les idées innovantes et constructives sont en libre-service dès qu’on les sollicite.

Bref, si vous connaissez des décideurs dans des municipalités ou entreprises prêts au décoiffage, proposez-leur d’organiser des ateliers d’innovation créative et anticipatrice sur les sujets les plus sensibles. Ils constateront que lorsqu’on accorde le droit à la créativité, on ne peut plus se plaindre de la torpeur et de l’apathie de ses collaborateurs ou concitoyens.

Futur’heureusement vôtre !

Anne-Caroline Paucot

 

 

 

Le vendredi, c’est le jour des idées décoiffées… et de la lettre du futur

Le grand chambardement

Dernièrement, j’ai fait une intervention sur le grand chambardement des métiers dans un amphithéâtre de 300 personnes. À l’issue, deux personnes sont venues me voir. La première m’a dit : « Je viens vous remercier pour votre lettre du vendredi. Je l’attends toujours avec impatience. Ne marchant pas dans les clous, elle décale les esprits. » J’ai souri en précisant que question décalage, elle se pose bien là : les vendredis passent et la dame attend.

Le deuxième m’a alpagué alors que je me débattais avec une assiette en carton et une alimentation industrielle en disant : « Je suis rassurée. Vous avez l’air d’être en forme. J’étais inquiet quand je n’ai plus reçu votre lettre. »

C’est donc la bouche pleine que j’ai appris qu’un inconnu s’inquiétait pour moi. Cela vous en bouche un coin. Je lui ai expliqué que j’avais arrêté la lettre parce que le retour sur investissement était trop faible ou une bêtise de ce genre. Mon ambition était de trouver un sponsor intéressé par des réflexions sur le futur et par le nombre d’abonnés à mes décalages futuristes.
— Vous n’avez pas trouvé ? Vu le nombre de newletters sans contenus qu’on reçoit, vous n’avez que l’embarras du choix.

J’ai avalé un morceau pour éviter de répondre à ce charmant Monsieur que c’était le sponsor qui ne m’avait pas trouvé. Spécialiste en démarketing direct de mes compétences, j’étais dans l’incapacité d’aller à la chasse aux poules aux oeufs d’or.


Un article sur le grand chambardement des métiers dans la revue Influencia inititulé Futur.NB : la recherche d’un partenaire pour la lettre du futur est toujours d’actualité.

À l’issue de la conversation, j’ai conclu qu’on manquait cruellement d’indépulseurs. Cet agent pour indépendants ou structures autonomes trouverait des sponsors pour des projets, aiderait à récolter des financements originaux. L’indépulseur serait aussi un assembleur de compétences. Il rechercherait des indépendants avec des compétences fortes et folles pour les proposer aux entreprises.Grâce à ce métier (à ajouter dans le Dico des métiers de demain), je réussirais par exemple mon crowdfunding pour les Éditions Propulseurs.
Quand on ne s’en occupe pas, cela donne cela.Pour réussir sa levée de fond, il faut noyer son carnet d’adresses avec un torrent de mails, bassiner la twittosphère avec une mendicité intelligente, faire pleurer dans les chaumières, rédiger des actualités narcissiques, déplacer des montagnes de certitudes en la performance de son projet, transformer son moi en un surmoi de gourou des temps modernes. Et si on n’a toujours pas son compte, attacher des banderoles à des drones et les envoyer survoler les centrales nucléaires. En clair, c’est un boulot de forçat.La nouveauté du financement participatif aveugle. On croit au miracle, alors que le miracle est réservé à Kiss Kiss Bank Bank et autres plateformes qui récoltent à chaque fois un pourcentage important sur les mises. La nouvelle économie collaborative a déjà ses nababs et ses exploités !
Mon actualité est aussi une soirée de lancement des Éditions Propulseurs (Le 17 novembre à 19 heures. Si vous êtes intéressé, envoyez-moi un mail).Outre concevoir un programme propulsant pour cette soirée décoiffante, j’ai effectué une mise à jour des livres (Des guides du futur sur la maison, la ville, la santé demain. Des dicos : Dico des métiers de demain et Dico des idées désirables) en intégrant les innovations repérées dans les derniers mois.
Lors de ce travail, j’ai fait plusieurs constats :— En trois mois, les livres commencent à souffrir d’obsolescence, car les innovations arrivent en rafale. Dans tous les domaines, ça innove, ça cherche, ça expérimente tellement que cela donne le tournis. Le patron de Sony, Akio Morita a dit : « Tout le monde peut innover, si sa vie en dépend. » Je me demande si cette accélération ne vient pas du profond malaise sociétal et politique que nous vivons. Une idée à discuter.

— Les innovations sont de plus en plus communicantes. Cette semaine, Google fait parler de lui en annonçant des pilules connectées qui utiliseront des nanoparticules pour traquer les cellules et détecter toutes les maladies de notre corps. Sauf qu’on aura le temps d’en reparler, car il faudra attendre de nombreuses années avant qu’elles soient sur le marché.

— Les guides du futur devraient être distribués à tous les élus et décideurs. Car le principe (des prospectives-fiction qui renvoient vers des innovations) fait apparaître des nouveaux sujets de réflexion.Exemple pour la santé, il semble qu’après une médecine curative, on désire aller vers une médecine préventive. Pour cela, les chercheurs travaillent sur le décryptage du génome, la quantification des données personnelles, la création de systèmes de plus en plus sophistiqués de détection des maladies. La nouvelle question qui s’impose est : « Est-ce qu’on veut une société où l’on met le corps sous contrôle permanent ? Et bien entendu, où on exclut ceux qui ont un corps défaillant ou n’acceptent pas cette surveillance. » À discuter aussi.En attendant de trouver ensemble quelques réponses, je vous souhaite un week-end pluvieux et heureux ou si vous préférez ensoleillé et encanaillé.

Anne-Caroline